LIVRES, à lire et à relire…


Dans cette rubrique de notre blog, nous ajoutons régulièrement les livres que nous aimons. A lire, à relire, à offrir…

 

 


100 mots pour comprendre les chinois de Cyrille J.-D. Javary

Cyrille J.-D. JavaryVoici un extrait riche en enseignements sur l’essence des arts martiaux :

Arts martiaux – Wǔ Shù (武術)

« Parler des « arts martiaux » chinois est un pis-aller qui gâche une belle idée. Si le caractère 術 shù , rendu par « art », pris ici dans son sens d’artisan et non d’artiste, signifie bien : habileté, compétence, celui rendu par « martial », 武 wǔ, raconte une toute autre histoire.

Il est formé par la combinaison du signe du pied (止zhǐ, pris ici dans son sens d’arrêter comme dans : juste, correct) et de l’idéogramme 戈gē, représentant à l’origine une sorte de lance ou de hallebarde, devenu par la suite le signe des armes en général.

Cependant, dans le mot 武 wǔ, l’association de ces deux termes est plus qu’une simple juxtaposition. Le trait oblique inférieur du signe de la hallebarde a changé de place, devenant le petit trait à gauche du grand trait horizontal. Ce détail précise que la hallebarde n’est pas brandie de manière agressive mais pendue au crochet, c’est-à-dire rangée. Cette modification souligne le sens global du caractère 武 wǔ « arrêter 止les armes 戈» dans sa double signification : arrêter les envahisseurs, et : stopper les combats. La première concerne les militaires en poste aux frontières, la seconde les pratiquants de la voie des arts martiaux. Aucune ne glorifie les valeurs héroïques et guerrières comme dans les épopées occidentales telles l’Iliade ou La Chanson de Roland.

Dans cette optique, on comprend mieux pourquoi la référence à Mars, dieu de la guerre et des combats, sonne faux dans la traduction de cet idéogramme. Posant comme fondamental l’arrêt du combat et la maîtrise de soi dont doit faire preuve le chevalier, le caractère 武 wǔ montre bien que, comme tous les arts physiques chinois, le wǔ shù est un combat contre soi-même plus que contre un adversaire, une voie de réalisation, un 道 dào (Tao) que les Japonais pousseront à l’extrème avec le code d’honneur des samouraïs, le Bushido, prononciation japonaise des trois idéogrammes 武士道wǔ shì dào, littéralement, la voie (道 dào) du lettré (士 shi) soldat (武 wǔ).

Parmi les nombreuses variantes des arts martiaux chinois, il faut citer le Gongfu, 工夫 gōng fu (souvent écrit kungfu), popularisé par les films produits en rafales par les studios des frères Shaw à Hong Kong, deux idéogrammes dont la signification littérale est : une personne accomplie( 夫 fū) dans son art ( 工 gōng). »

Extrait du livre de Cyrille J.-D. Javary ‘100 mots pour comprendre les Chinois’, Ed. Albin Michel

Le Tao de la physique de Fritjof Capra

Les lois de la physique moderne confirment les concepts qui régissent les mystiques de l’Asie : Hindouisme, Bouddhisme, Taoïsme. Le Dr Capra met à notre portée le langage de la physique et nous entraîne dans un fabuleux voyage à travers l’univers des atomes et le monde de la sagesse orientale. Il fait table rase de notre représentation fragmentaire et mécaniste du monde. L’univers devient alors un tout cohérent et harmonieux.
Cadre philosophique pour la physique la plus avancée, la spiritualité orientale nous propose un « lieu » dans lequel notre être peut prendre toute sa dimension.

Entretien entre Jacques Languirand et Fritjof Capra:
http://www.radio-canada.ca/par4/special/entrevues/FritjofCapra_.html

Le serpent cosmique, l’ADN et les origines du savoir de Jeremy Narby

Depuis le XIXe siècle et le grand développement de la science occidentale, la pensée des peuples indigènes semble sans rapport avec les connaissances apportées par les sciences modernes en biologie, chimie et médecine. Cependant, de grands auteurs, et parmi eux Mircea Eliade, nous ont fait entrevoir que des cultures autres que celle de la pensée rationnelle étaient arrivées à un niveau de connaissance – exprimé le plus souvent dans le langage du symbolisme mythologique – par des moyens à nos yeux mystérieux, sans relation avec leur niveau de technologie. « La première fois qu’un homme ashaninca m’a dit que les propriétés médicinales des plantes s’apprenaient en absorbant une mixture hallucinogène, j’ai cru qu’il s’agissait d’une plaisanterie. »  Un anthropologue étudiant l’écologie d’un peuple indigène de l’Amazonie péruvienne se trouve confronté à une énigme: les Indiens, dont les connaissances botaniques sont admirées par les scientifiques, lui expliquent invariablement que leur savoir provient des hallucinations induites par certaines plantes. Dans une enquête qui s’étale sur dix ans, de la forêt amazonienne aux bibliothèques d’Europe, il réunit suffisamment d’indices pour être convaincu que la réponse à l’énigme se trouve dans l’ADN, la molécule de vie présente dans chaque cellule de chaque être vivant. Son hypothèse ouvre de nouvelles perspectives sur la biologie, le savoir des peuples indigènes, l’anthropologie et les limites du rationalisme.

Le dernier tableau de Wang Wei d’Ariane Buisset

Tous les personnages de ces contes de l’éveil se posent une question : Wang Wei cherche ce qu’est l’art suprême, Esshun ce qu’est le véritable amour, Raju ce qu’est une cruche, Ananda ce qu’est Bouddha, Job, ce qu’est le mal, Hakuin ce qu’est le bleu du ciel et Couperin ce qu’est cette barrière qui nous coupe les uns des autres. Apparemment, tout les sépare, que ce soit leur nationalité, leur époque ou leur culture, cependant, c’est de la même façon qu’ils découvrent que pour résoudre leur problème, il leur faut faire preuve de détermination, traverser la peur et l’ignorance, être vigilant et patient. Alors jaillit la réponse, mais il n’y en a qu’une, qui seule peut unifier tous les contraires et faire fondre les oppositions fallacieuses qui se présentent à l’esprit. C’est la source de toutes les religions, qu’on appelle Dieu, Allah ou Nature du Bouddha. Bien que des sutras et des textes chrétiens connus aient servi de références à ces récits, ce sont des textes de fiction qui n’ont de prétention ni l’histoire ni à l’érudition. Si le lecteur, à la suite des héros du dernier Tableau de Wang Wei, réussit à se poser la question qui le concerne et se met en recherche pour la résoudre, le but de ce livre aura été atteint.

Les sept plumes de l’aigle de Henri Gougaud

Luis A. est né en Argentine. Avant de quitter ce monde, sa mère, une indienne Quechua, lui a légué un savoir millénaire. Est-ce pour la retrouver que Luis, très jeune, est parti sur les routes ? L’initiation commence dans les ruines de Tiahuanaco, où l’adolescent fait la connaissance d’El Chura, chaman, « homme au plumage de renard ». Celui-ci lancera son disciple à la recherche des sept plumes de l’aigle, des sept secrets de la vie. Cette rencontre en entraînera d’autres : celle du « gardien du temps », du vieux Chipés, de dopa Maria, de l’amour, qui est le premier mystère du monde. Luis A. n’est pas un personnage de roman. Cette quête étrange, tourmentée, d’un savoir et d’une lumière, a bien eu lieu, un jour – une fois -, entre la Sierra Grande, les ruelles de La Paz et le plateau de Machu Picchu.

Quatre générations sous un même toit de Lao She

Comme le titre l’indique, Quatre générations sous un même toit est d’abord une histoire de famille. Le roman s’ouvre sur l’anniversaire du vieux Qi, le patriarche, dans l’une des cours du Petit-Bercail à Pékin. Il est fier que sa longévité lui permette de connaître jusqu’à ses arrière-petits-enfants. Sa seule crainte est que la célébration de son anniversaire soit compromise par le début de la guerre avec les Japonais. Par ses nombreux personnages, le roman trouve son unité dans la succession des différentes générations et dans la dimension historique qui vient menacer leur stabilité. Mais les «conflits», qui sont au cœur de l’œuvre, n’opposent pas seulement entre eux les divers membres de la famille, ils opposent aussi le groupe familial à la patrie, et Pékin au reste de la Chine. Ainsi Pékin devient-il le sujet principal du roman. Écrit entre 1942 et 1944, Quatre générations sous un même toit est un roman-fleuve d’un réalisme tout à fait original pour l’époque et une fresque incroyablement vivante, où Lao She dévoile les événements avec colère et passion. (à lire aussi: tome 2 et 3)

 

 

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